{"id":9,"date":"2021-07-26T05:10:28","date_gmt":"2021-07-26T04:10:28","guid":{"rendered":"https:\/\/association-lakeview.ca\/?page_id=9"},"modified":"2025-01-09T16:37:43","modified_gmt":"2025-01-09T21:37:43","slug":"about","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/association-lakeview.ca\/?page_id=9","title":{"rendered":"Historique &#8211; FR"},"content":{"rendered":"\n<div style=\"height:20px;\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group alignfull\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<div class=\"wp-block-jetpack-layout-grid alignfull column1-desktop-grid__span-3 column1-desktop-grid__start-2 column1-desktop-grid__row-1 column2-desktop-grid__span-6 column2-desktop-grid__start-6 column2-desktop-grid__row-1 column1-tablet-grid__span-3 column1-tablet-grid__row-1 column2-tablet-grid__span-5 column2-tablet-grid__start-4 column2-tablet-grid__row-1 column1-mobile-grid__span-4 column1-mobile-grid__row-1 column2-mobile-grid__span-4 column2-mobile-grid__row-2\">\n<div class=\"wp-block-jetpack-layout-grid-column wp-block-jetpack-layout-grid__padding-none\">\n<div class=\"wp-block-image is-style-default wp-duotone-000000-ffffff-1\"><figure class=\"aligncenter is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"66\" data-permalink=\"https:\/\/association-lakeview.ca\/?attachment_id=66\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/association-lakeview.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/photo-1963.jpg?fit=737%2C1048&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"737,1048\" data-comments-opened=\"1\" data-image-title=\"photo-1963\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/association-lakeview.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/photo-1963.jpg?fit=720%2C1024&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/association-lakeview.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/photo-1963.jpg?resize=391%2C555&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-66\" width=\"391\" height=\"555\" \/><figcaption>Carnaval 1963 | Carnival 1963<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-jetpack-layout-grid-column wp-block-jetpack-layout-grid__padding-none\">\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Histoire de Lakeview Terrace<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En janvier 1945, quatre mois avant le jour de la Victoire, l\u2019Office de l\u2019\u00e9tablissement agricole des anciens combattants soumettait au Conseil de ville de Hull Sud un projet de subdivision de l\u2019ancienne ferme Patrick Clark, situ\u00e9e entre ce qui est aujourd\u2019hui le chemin d\u2019Aylmer d\u2019en haut et le chemin d\u2019en bas, \u00e0 l\u2019ouest du champ de courses de Connaught Park.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Loi sur les terres destin\u00e9es aux anciens combattants<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Loi sur les terres destin\u00e9es aux anciens combattants, qui faisait suite \u00e0 la Loi sur l\u2019\u00e9tablissement de soldats de la premi\u00e8re guerre mondiale, fut adopt\u00e9e par le Gouvernement du Canada en 1942, en m\u00eame temps que d\u2019autres mesures visant \u00e0 faciliter la r\u00e9insertion des anciens combattants dans la vie civile \u00e0 la fin de la guerre. La nouvelle loi pr\u00e9voyait une aide financi\u00e8re pour tous les anciens combattants qui souhaitaient se livrer \u00e0 l\u2019agriculture soit \u00e0 temps plein, soit \u00e0 temps partiel. L\u2019agriculteur \u00e0 temps partiel s\u2019\u00e9tablissait habituellement sur une petite propri\u00e9t\u00e9 de 3 \u00e0 5 acres, mais pendant quelques ann\u00e9es, on mit \u00e0 l\u2019essai des projets de quartiers situ\u00e9s en banlieue et constitu\u00e9s de lots d\u2019une demi-acre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour avoir droit \u00e0 une petite propri\u00e9t\u00e9, le candidat devait \u00eatre un ancien combattant de la deuxi\u00e8me guerre mondiale, il devait avoir quitt\u00e9 les Forces arm\u00e9es sans avoir b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des avantages offerts aux anciens combattants \u00e0 cette \u00e9poque, comme l\u2019aide \u00e0 la formation. Il n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9cessaire d\u2019avoir servi outre-mer.<br>Il importait que le candidat ait une profession qui lui assurerait une grande partie de ses revenus. La plupart des petites propri\u00e9t\u00e9s \u00e9taient donc situ\u00e9es pr\u00e8s de villes ou de villages o\u00f9 l\u2019on pouvait trouver de l\u2019emploi. Le candidat devait verser un paiement initial repr\u00e9sentant 10 % de la valeur de la propri\u00e9t\u00e9 et \u00eatre en mesure d\u2019effectuer les paiements d\u2019hypoth\u00e8que chaque mois. Seules \u00e9taient admises les personnes qui avaient fait preuve de \u00ab . . . bonne personnalit\u00e9, d\u2019un caract\u00e8re stable et du sens de l\u2019\u00e9pargne . . . \u00bb et savaient \u00eatre pr\u00e9voyantes.<br>La plus importante clause du contrat \u00e9tait sans doute celle qui voulait que l\u2019ancien combattant mette en valeur sa propri\u00e9t\u00e9 pour pouvoir, au bout de quelques ann\u00e9es, en vendre le produit et en tirer un revenu d\u2019appoint en cas de besoin. On l\u2019encourageait \u00e0 se sp\u00e9cialiser dans un ou deux produits en demande dans sa r\u00e9gion (volaille, fruits, fleurs, culture mara\u00eech\u00e8re, apiculture) plut\u00f4t que de toucher \u00e0 de nombreux produits.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un extrait du \u00ab Handbook for Servicemen \u00bb publi\u00e9 en 1944 r\u00e9sumait le cadre, les objectifs et les grandes lignes de la Loi et pr\u00e9sentait ainsi les objectifs des petites propri\u00e9t\u00e9s :<br>\u00ab En d\u00e9butant sur une petite \u00e9chelle l\u2018ancien combattant et sa famille subviendront \u00e0 une partie de leurs besoins en produisant des aliments sains et, l\u2019exp\u00e9rience aidant, ils d\u00e9cideront des aspects qui correspondent le mieux \u00e0 leurs go\u00fbts et \u00e0 leurs besoins. Dans certains cas, l\u2019ancien combattant transformera graduellement sa propri\u00e9t\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il puisse quitter son premier emploi et se lancer \u00e0 temps plein dans la production sp\u00e9cialis\u00e9e; dans d\u2019autres cas, l\u2019ancien combattant pr\u00e9f\u00e9rera garder son emploi et faire de sa propri\u00e9t\u00e9 une simple demeure o\u00f9 il y aura place pour un passe-temps sain et int\u00e9ressant.<br>Le m\u00eame ouvrage stipulait que la Loi sur les terres destin\u00e9es aux anciens combattants <br>\u00ab \u2026ne doit pas servir de bouche-trou apr\u00e8s la d\u00e9mobilisation. Elle doit \u00eatre le point de d\u00e9part de l\u2019avenir, gr\u00e2ce auquel les anciens combattants \u00e9tabliront leurs foyers et en deviendront les propri\u00e9taires. \u00bb On offrait aux anciens combattants \u00ab \u2026une place dans l\u2019avenir du Canada\u2026 \u00bb<br>L\u2019Office de l\u2019\u00e9tablissement agricole des anciens combattants \u00e9tait dirig\u00e9 par un directeur qui d\u00e9pendait du ministre des Affaires des anciens combattants. Dans tout le Canada, divers bureaux r\u00e9gionaux \u00e9taient dirig\u00e9s par des responsables r\u00e9gionaux assist\u00e9s de comit\u00e9s consultatifs locaux. Le bureau r\u00e9gional dont d\u00e9pendait Lakeview Terrace se trouvait \u00e0 Montr\u00e9al. Le premier responsable r\u00e9gional fut E. J. Tapp; l\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019il portait aux anciens combattants se lisait dans la trame m\u00eame de la petite communaut\u00e9 qui vit le jour en 1946 avec les \u00ab quarante premiers\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Histoire de la ferme Clark<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La subdivision destin\u00e9e aux anciens combattants se trouvait dans la municipalit\u00e9 de Hull Sud, sur les lots 15a, 15b et 16a du premier rang et sur le lot 16e du deuxi\u00e8me rang. Bien que la propri\u00e9t\u00e9 f\u00fbt connue sous le nom de \u00ab Ferme Clark \u00bb, elle avait \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie par Robert et William Conroy dans les ann\u00e9es 1870 (p. 12).<br>Comme leur p\u00e8re Robert Conroy d\u2019Aylmer, R. et W. Conroy \u00e9taient b\u00fbcherons. Pendant les ann\u00e9es 1870, leur grande scierie situ\u00e9e aux rapides Desch\u00eanes employait assez de monde pour donner naissance au village de Desch\u00eanes. La ferme des Conroy se trouvait sur une terre qui leur venait de leur grand-p\u00e8re, William McConnell. C\u2019\u00e9tait une des fermes laiti\u00e8res et d\u2019\u00e9levage de b\u00e9tail les plus connues de l\u2019Est du Canada.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1889, la ferme de 150 acres comprenait plusieurs b\u00e2timents situ\u00e9s sur l\u2019emplacement actuel de l\u2019\u00e9cole St-M\u00e9dard.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">1. Un b\u00e2timent de bois d\u2019un \u00e9tage et demi et des d\u00e9pendances, occup\u00e9es par le responsable de la production de b\u00e9tail et les employ\u00e9s.<br>2. Unit\u00e9 de production de beurre et de cr\u00e8me avec un \u00e9quipement des plus modernes pour la production du lait, pouvant traiter le lait de 400 \u00e0 500 vaches.<br>3. Une grande porcherie en bois d\u2019une capacit\u00e9 de 150 porcs.<br>4. Un poulailler.<br>5. Des \u00e9curies.<br>6. Des postes d\u2019alimentation, des silos et de grandes \u00e9tables en bois.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1902, la ferme et les b\u00e2timents furent achet\u00e9s par Patrick Clark qui la nomma \u00ab Silver Spring Farm \u00bb \u00e0 cause de l\u2019excellente eau de source qu\u2019on y trouvait en abondance et que Clark vendait en bouteilles \u00e0 l\u2019intention des bureaucrates d\u2019Ottawa. Clark reprit avec succ\u00e8s l\u2019exploitation de la laiterie et finit par la c\u00e9der \u00e0 bail \u00e0 John Lumsden pendant les ann\u00e9es 20 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 30.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lumsden, un millionnaire extraverti dont la fortune s\u2019\u00e9tait faite dans le commerce du bois, en fit une ferme mod\u00e8le exploit\u00e9e d\u2019apr\u00e8s les id\u00e9es les plus r\u00e9centes de l\u2019\u00e9poque. On venait de tr\u00e8s loin voir les grands troupeaux de laiti\u00e8res de race Holstein log\u00e9es dans des conditions sanitaires tellement parfaites que le lait n\u2019avait pas besoin d\u2019\u00eatre pasteuris\u00e9. Les employ\u00e9s en blouse blanche se lavaient les mains avant de traire et des convoyeurs m\u00e9caniques \u00e9vacuaient le fumier tout en \u00e9vitant les \u00e9claboussures et la contamination.<br>A la fin des ann\u00e9es 30, Clark se retrouva sans locataire sur sa ferme et \u00e9tait trop \u00e2g\u00e9 pour s\u2019en occuper lui-m\u00eame; en 1942, il vendit la terre et les b\u00e2timents \u00e0 l\u2019Office de l\u2019\u00e9tablissement agricole des anciens combattants qui en fit un lotissement.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La subdivision<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La subdivision, telle que pr\u00e9sent\u00e9e par l\u2019Office de l\u2019\u00e9tablissement agricole des anciens combattants, comprenait 240 lots d\u2019une demi-acre. Ceux-ci constituaient les plus petites propri\u00e9t\u00e9s permises par l\u2019Office dans le programme de lotissement. Ce concept de lots d\u2019une demi-acre fut finalement abandonn\u00e9, car des propri\u00e9t\u00e9s de cette grandeur ne r\u00e9pondaient pas aux objectifs du programme de lotissement de l\u2019Office (p. 13).<br>Le lotissement avait la forme de deux ovales concentriques reli\u00e9s \u00e0 intervalles r\u00e9guliers par quatre petites rues et coup\u00e9s d\u2019est en ouest par une rue plus longue, Laurier. Les deux ovales \u00e9taient encadr\u00e9s de quatre c\u00f4t\u00e9s par des alignements d\u2019habitations, ce qui avait pour effet d\u2019entourer et de d\u00e9limiter le quartier. Du nord au sud, le quartier \u00e9tait travers\u00e9 par le chemin Desch\u00eanes (aujourd\u2019hui Vanier), qui avait aussi port\u00e9 le nom de chemin de la Montagne tr\u00e8s longtemps auparavant, avant m\u00eame que le village de Desch\u00eanes ne prenne de l\u2019importance.<br>On pr\u00e9voyait que le projet d\u00e9marrerait avec la construction de 40 maisons par l\u2019Office, puis que d\u2019autres anciens combattants seraient attir\u00e9s dans le quartier et viendraient y construire leur propre maison sur les lots achet\u00e9s en vertu de la Loi. Le quartier finirait ainsi par devenir un projet mod\u00e8le incarnant tous les objectifs de l\u2019id\u00e9e m\u00eame des petites propri\u00e9t\u00e9s.<br>Les quarante premi\u00e8res maisons furent construites par l\u2019entreprise Hill-Clark-Francis \u00e0 prix co\u00fbtant plus r\u00e9mun\u00e9ration. L\u2019entente pr\u00e9voyait que l\u2019entrepreneur serait r\u00e9tribu\u00e9 selon les frais encourus plus 10 %. Le prix de chaque maison fut estim\u00e9 \u00e0 $6,000 en moyenne, bien que le co\u00fbt final f\u00fbt un peu plus \u00e9lev\u00e9.<br>Les anciens combattants achet\u00e8rent les maisons \u00e0 l\u2019Office \u00e0 des prix allant de $6,000 \u00e0 $8,000. Cependant, ces prix furent rajust\u00e9s pour couvrir les d\u00e9passements de devis et le prix des r\u00e9parations. Dans chaque cas, l\u2019ancien combattant faisait un versement initial de $600.00 et remboursait son hypoth\u00e8que sur 25 ans \u00e0 un taux de 3\u00bd%. Il recevait au d\u00e9part une subvention conditionnelle de $1,400 qu\u2019il ne devait pas rembourser s\u2019il demeurait dans sa maison pendant 10 ans; s\u2019il quittait sa maison, par exemple, apr\u00e8s 6 ans, cette somme de $1,400 lui \u00e9tait r\u00e9clam\u00e9e en plus du solde de son hypoth\u00e8que.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les fr\u00e8res McLaughIin furent charg\u00e9s d\u2019installer un syst\u00e8me de pompage central pendant la construction des maisons. On localisa une des sources qui avaient fourni la fameuse eau de table des Clark et on creusa un puits de surface pr\u00e8s de North Arm. L\u2019eau \u00e9tait une des meilleures de Hull Sud quand on installa la station de pompage. C\u2019\u00e9tait le seul quartier de Hull Sud \u00e0 poss\u00e9der sa propre station de pompage; les autres foyers de la municipalit\u00e9 avaient chacun leur puits. De m\u00eame, les bornes-fontaines qu\u2019on installa dans tout le quartier furent aussi les premi\u00e8res de notre municipalit\u00e9 rurale. Quelques ann\u00e9es plus tard, la quantit\u00e9 d\u2019eau que pouvait fournir ce syst\u00e8me s\u2019av\u00e9ra insuffisante. L\u2019Office fit alors, creuser un puits plus profond et chaque propri\u00e9taire dut payer son eau $2.65 par mois.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les quarante premi\u00e8res maisons furent construites selon sept plans diff\u00e9rents; elles \u00e9taient group\u00e9es par deux et chaque paire avait en commun une entr\u00e9e de garage et un poteau \u00e9lectrique. Elles furent construites au sud de la rue Laurier, \u00e0 une distance consid\u00e9rable les unes des autres; on esp\u00e9rait ainsi que les nouveaux arrivants viendraient occuper les espaces qui restaient. L\u2019Office cherchait ainsi \u00e0 encourager le m\u00e9lange des anciens et des nouveaux r\u00e9sidents pour cr\u00e9er une communaut\u00e9 homog\u00e8ne, en \u00e9vitant de regrouper les premi\u00e8res maisons.<br>Une note \u00e9manant du Commandant de brigade T.J. Rutherford, alors directeur de l\u2019Office, r\u00e9v\u00e9lait ce qu\u2019on attendait de ceux qui allaient commencer \u00e0 donner forme au quartier : \u00ab Il incombe aux r\u00e9sidents des lotissements d\u2019anciens combattants de la Capitale et des alentours de repr\u00e9senter un mod\u00e8le \u00e0 l\u2019intention des autres communaut\u00e9s et une source d\u2019inspiration pour les milliers de visiteurs de passage dans la Capitale qui souhaitent voir de leurs yeux ce qu\u2019ont r\u00e9alise les anciens combattants. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ceux qu\u2019on appelle aujourd\u2019hui les quarante premiers sont les personnes dont les noms suivent :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">ARMSTRONG, Arthur<br>ARMSTRONG, Donald<br>BOOKER, Walter<br>CALDWELL, Samuel<br>CAMPBELL, George<br>CLUFF, Cameron<br>CODERRE, George<br>CHADDERTON, Clifford<br>DORE, Raymond<br>DURPHY, Robert<br>DEGAGNE, Roger<br>FORGET, Marc<br>EDEY, Elwood<br>GALE, Arnold<br>GRAHAM, Lawrence<br>GORDON, John<br>HYDE, Lloyd<br>HAYES, Harry<br>HINDS, John<br>HAW, Clifford<br>KEALEY, Wilbert<br>KRANZUCH, Percy<br>LAVOIE, Donald<br>LLOYD, Kenneth<br>LUDINGTON, Cedric<br>LAROCQUE, Ernest<br>LAROCQUE, Rom\u00e9o<br>LEFEBVRE, Marcel<br>LEGAULT, Jean<br>MacDONALD, James<br>MCCONNELL, Thomas<br>OUIMET, Mme Jean<br>OGDEN, Norman<br>PEPPY, Ralph<br>PERCIVAL, Robert<br>RIVET, Marcel<br>ROUTLIFFE, Robert<br>STONE, Leslie<br>SABOURIN, Rom\u00e9o<br>SIVYER, Eldon<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les premi\u00e8res ann\u00e9es (1946-1952)<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Beaucoup ont d\u00fb se sentir d\u00e9courag\u00e9s \u00e0 la vue de leur premi\u00e8re maison. Vingt paires de maisons \u00e9parpill\u00e9es \u00ab comme des poussins \u00bb dans un paysage morne que l\u2019on a d\u00e9crit comme \u00ab une mer de boue \u00bb, \u00ab un terrain vague \u00bb, \u00ab un d\u00e9sert sans arbres \u00bb et \u00ab un champ de boue retenait vos couvre-chaussures \u00e0 chaque pas \u00bb (p. 12). Les maisons se trouvaient sur l\u2019ancien p\u00e2turage des Clark. Les quelques arbres qui avaient pouss\u00e9 l\u00e0 avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits par les engins de construction et il ne restait plus que de vieux ormes devenus dangereux qui mena\u00e7aient les maisons situ\u00e9es tout pr\u00e8s d\u2019eux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les quarante premiers emm\u00e9nag\u00e8rent \u00e0 la fin de l\u2019automne 1946 et pendant l\u2019hiver 1947. D\u2019apr\u00e8s les statistiques de l\u2019Office, leur moyenne d\u2019\u00e2ge \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e9tait de 25 \u00e0 30 ans. La plupart d\u2019entre eux \u00e9taient jeunes mari\u00e9s et souhaitaient ardemment s\u2019installer quelque part. Beaucoup d\u2019entre eux n\u2019avaient jamais \u00e9t\u00e9 propri\u00e9taires et ignoraient tout de ce que cela impliquait, sans parler des secrets du jardin potager. Et quelques-uns avaient ramen\u00e9 de guerre des cicatrices aussi bien visibles qu\u2019invisibles.<br>A cette \u00e9poque, il \u00e9tait difficile de se procurer un r\u00e9frig\u00e9rateur ou un po\u00eale. Afin de venir en aide aux anciens combattants, l\u2019Office en avait achet\u00e9 quelques-uns, et les avait entrepos\u00e9s dans les vieilles \u00e9tables Conroy pour les vendre aux r\u00e9sidents qui en avaient besoin. Bien que beaucoup de r\u00e9sidents aient eu des bo\u00eetes \u00e0 glace pour lesquelles on se procurait de la glace chez M. Bastien d\u2019Aylmer celles-ci \u00e9taient rares ce premier hiver.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Heureusement, l\u2019Office avait r\u00e9ponse \u00e0 tout. A ceux qui n\u2019avaient pas de r\u00e9frig\u00e9rateur, on fournit les instructions pour bricoler un r\u00e9frig\u00e9rateur de fortune. On devait se procurer une caisse d\u2019oranges, la placer debout dans le sous-sol et placer les aliments sur la petite \u00e9tag\u00e8re du milieu. On devait ensuite placer une grande cuvette pleine d\u2019eau froide sur la caisse et envelopper le tout d\u2019une serviette ou d\u2019une pi\u00e8ce de coton \u00e0 fromage imbib\u00e9e d\u2019eau; un bout de la serviette devait se trouver dans la cuvette. L\u2019eau devait p\u00e9n\u00e9trer dans le tissu et les aliments \u00e9taient gard\u00e9s au frais sous l\u2019effet de l\u2019\u00e9vaporation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au cours de l\u2019hiver, il s\u2019av\u00e9ra que beaucoup de maisons \u00e9taient devenues elles-m\u00eames de grands r\u00e9frig\u00e9rateurs. Elles \u00e9taient chauff\u00e9es au charbon; le combustible \u00e9tait livr\u00e9 par des voitures \u00e0 cheval fournies par l\u2019Office. A la fin de f\u00e9vrier, certaines familles avaient consomm\u00e9 5 tonnes de charbon et m\u00eame avec la fournaise \u00e0 plein r\u00e9gime, on ne pouvait pas d\u00e9passer 60 degr\u00e9s Fahrenheit, ce qui \u00e9tait d\u00fb en grande partie au manque d\u2019isolation, \u00e0 l\u2019absence de contre-fen\u00eatres et \u00e0 la pr\u00e9sence d\u2019orifices non calfeutr\u00e9s.<br>Seulement une ou deux familles avaient le t\u00e9l\u00e9phone cet hiver-l\u00e0, parce que les lignes n\u2019avaient pas encore \u00e9t\u00e9 pos\u00e9es dans le quartier. Comme il y avait peu d\u2019automobiles, on ne pouvait sortir du quartier qu\u2019en empruntant l\u2019autobus de la Gatineau Bus Line sur le chemin d\u2019en haut ou le tramway du Hull Electric Street Car sur le chemin d\u2019en bas. Quand le Hull Electric Railway avait \u00e9t\u00e9 mis en place en 1896, de grands ateliers pour l\u2019entretien des voitures avaient \u00e9t\u00e9 construits au sud-est de ce qui est aujourd\u2019hui l\u2019angle des chemins d\u2019en bas et Vanier; on peut encore les voir de nos jours.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce furent peut-\u00eatre les femmes qui souffrirent le plus. Elles habitaient des maisons \u00e9loign\u00e9es les unes des autres et se sentaient souvent isol\u00e9es. Sans t\u00e9l\u00e9phone, on ne pouvait pas se parler souvent et pour prendre l\u2019autobus ou le tramway, il fallait se rendre \u00e0 pied au chemin d\u2019en haut ou d\u2019en bas, ce qui n\u2019\u00e9tait gu\u00e8re facile si l\u2019on \u00e9tait accompagn\u00e9e de jeunes enfants. Les femmes se trouvaient au milieu d\u2019un paysage sans arbres qui accentuait encore leur sentiment d\u2019isolement. L\u2019une d\u2019entre elles se souvient, un soir, d\u2019avoir regard\u00e9 passer avec envie un autobus de la Gatineau Bus tout illumin\u00e9; tous les passagers \u00e9taient de sortie et semblaient appartenir \u00e0 un monde tout \u00e0 fait \u00e9tranger.<br>Le magasin g\u00e9n\u00e9ral le plus proche se trouvait \u00e0 Desch\u00eanes. Il \u00e9tait possible de magasiner, mais gu\u00e8re facile. Heureusement, \u00e0 cette \u00e9poque, on livrait \u00e0 domicile les aliments essentiels tels que le pain et le lait. Beaucoup de femmes du quartier se souviennent de M. Devine, livreur de Standard Bread dont la personnalit\u00e9 color\u00e9e ajoutait toujours un peu de piquant dans la journ\u00e9e de chacun. M. Dompierre de Hull livra l\u2019\u00e9picerie pendant quelque temps ainsi que M. Poirier de Desch\u00eanes.<br>S\u2019ajoutant aux difficult\u00e9s de l\u2019hiver, il y eut en mars une temp\u00eate de neige telle que tout d\u00e9neigement \u00e9tait devenu impossible. Il commen\u00e7a \u00e0 neiger le dimanche et le lendemain on ne voyait plus la rue. Les m\u00e8res de jeunes enfants qui comptaient habituellement sur la livraison du pain et du lait se trouv\u00e8rent prises au d\u00e9pourvu. M. Benoit, ancien parachutiste de l\u2019arm\u00e9e et propri\u00e9taire d\u2019un petit d\u00e9panneur de Desch\u00eanes demanda \u00e0 Ottawa qu\u2019on prenne des mesures d\u2019urgence. Des provisions furent envoy\u00e9es par le train du soir qui fit un arr\u00eat sp\u00e9cial \u00e0 Desch\u00eanes; de l\u00e0, on les pla\u00e7a sur des tra\u00eeneaux et des r\u00e9sidents chauss\u00e9s de skis les emmen\u00e8rent \u00e0 destination.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En janvier de ce premier hiver, on avait d\u00e9couvert les principaux d\u00e9fauts de construction des maisons et beaucoup se demandaient tout haut s\u2019ils n\u2019avaient pas pay\u00e9 trop cher des maisons si mal construites. Des fissures se formaient dans les murs, les plafonds coulaient, les planchers se d\u00e9formaient par endroits, les portes et les fen\u00eatres laissaient passer les courants d\u2019air et l\u2019eau affleurait dans certains sous-sols. On d\u00e9cida donc de mettre sur pied une association des propri\u00e9taires qui s\u2019occuperait de faire r\u00e9parer les d\u00e9fauts de construction.<br>L\u2019Office de l\u2019\u00e9tablissement agricole des anciens combattants appuyait la cr\u00e9ation d\u2019associations de propri\u00e9taires; dans un cours de formation agricole donn\u00e9 \u00e0 Ottawa, on posait la question suivante :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Comment faut-il situer une association de propri\u00e9taires forte, active et int\u00e9ress\u00e9e ? Elle \u00e9liminera la plupart des petites plaintes individuelles, permettant du m\u00eame coup de r\u00e9duire le nombre de vos probl\u00e8mes tout en simplifiant de beaucoup les aspects administratifs. Les anciens combattants apprendront \u00e0 se fier \u00e0 l\u2019association qui les repr\u00e9sentera, ainsi que leurs voisins, aupr\u00e8s de l\u2019Office, du conseil scolaire, du conseil de ville, etc. Comme chacun identifiera ses propres int\u00e9r\u00eats \u00e0 ceux de ses voisins, il deviendra un bon citoyen pour la communaut\u00e9, ce qui est sans doute l\u2019objectif ultime de la r\u00e9insertion \u00bb<br>La premi\u00e8re r\u00e9union des r\u00e9sidents eut lieu le 16 janvier 1947, bient\u00f4t suivie par une autre r\u00e9union le 6 f\u00e9vrier o\u00f9 les r\u00e9sidents d\u00e9cid\u00e8rent de se munir d\u2019une charte sous le nom de Lakeview Terrace Ratepayers\u2019 Association (Association des contribuables de Lakeview Terrace). Il en co\u00fbtait 50 cents par personne pour adh\u00e9rer; tous les membres pouvaient assister aux r\u00e9unions mais chaque foyer n\u2019avait qu\u2019une voix lors des votes.<br>C\u2019est \u00e0 la r\u00e9union du 6 f\u00e9vrier que les r\u00e9sidents choisirent le nom de Lakeview Terrace ainsi que les divers noms de rue. Tom McConnell et Bob Percival copi\u00e8rent et mirent en place des panneaux pour venir en aide aux livreurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9union fut r\u00e9sum\u00e9e dans le Ottawa Citizen du 7 f\u00e9vrier 1947 : \u00ab On a parl\u00e9 entre autres des d\u00e9fauts de construction et des mat\u00e9riaux utilis\u00e9s pour construire les maisons des anciens combattants. On a expos\u00e9 \u00e0 la r\u00e9union les difficult\u00e9s \u00e9prouv\u00e9es par d\u2019anciens militaires dans les projets d\u2019anciens combattants dans d\u2019autres r\u00e9gions du Canada; les membres de l\u2019ex\u00e9cutif ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu\u2019ils avaient \u00e9t\u00e9 en contact avec J.W. Murphy, d\u00e9put\u00e9, qui a demand\u00e9 lundi qu\u2019une commission royale fasse une enqu\u00eate dans les projets de petites propri\u00e9t\u00e9s destin\u00e9es aux anciens combattants. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les autres sujets abord\u00e9s \u00e0 la r\u00e9union devaient devenir les principaux sujets d\u2019activit\u00e9 de l\u2019association des contribuables pendant les ann\u00e9es \u00e0 venir : am\u00e9nagement paysager et horticulture, drainage, pompe \u00e0 eau, taxes, ramassage des ordures, livraison du courrier, protection contre l\u2019incendie, r\u00e9seau de transport en commun appropri\u00e9 et am\u00e9lioration des \u00e9coles.<br>On d\u00e9cida aussi de faire conna\u00eetre le projet afin d\u2019attirer d\u2019autres anciens combattants sur les 200 lots qui restaient. Le Citizen cita la d\u00e9claration d\u2019un r\u00e9sident : \u00ab La plupart d\u2019entre nous sommes d\u2019Ottawa et il nous semble que si notre projet \u00e9tait plus connu, il int\u00e9resserait beaucoup d\u2019autres anciens combattants d\u2019Ottawa. \u00bb<br>Cliff Chadderton (p. 14), \u00e9lu premier pr\u00e9sident de l\u2019Association des contribuables, entreprit de dresser une liste d\u00e9taill\u00e9e des d\u00e9fauts de construction et de pr\u00e9parer une inspection des maisons. Des r\u00e9parations furent effectu\u00e9es et tous en furent satisfaits.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00e9clairage des quelques maisons du quartier ne parvenait pas \u00e0 dissiper la p\u00e9nombre o\u00f9 le quartier se trouvait plong\u00e9 pendant la nuit. Elwood Edey et Jim MacDonald furent les premiers \u00e0 partager le co\u00fbt d\u2019un lampadaire \u00e0 l\u2019angle des rues Crescent et Lakeview. L\u2019ampoule de 100 watts, mont\u00e9e sur un poteau, \u00e9tait command\u00e9e par un interrupteur plac\u00e9 dans une bo\u00eete de bois et les deux hommes se relayaient pour l\u2019allumer et l\u2019\u00e9teindre, par p\u00e9riodes de trois mois. Ils tiraient \u00e0 la courte paille le nom de celui qui aurait ce plaisir pendant l\u2019hiver. En f\u00e9vrier 1949, l\u2019Association des contribuables fit parvenir une p\u00e9tition au Conseil de ville de Hull Sud pour qu\u2019on permette \u00e0 la Gatineau Power Company d\u2019installer 10 lampadaires dans Lakeview Terrace; leur co\u00fbt devait \u00eatre assum\u00e9 par tous les propri\u00e9taires \u00e0 l\u2019exception de l\u2019Office.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le premier responsable r\u00e9gional, E.J. Tapp, \u00e9tait en quelque sorte le pivot de la communaut\u00e9. Ancien combattant de la premi\u00e8re guerre mondiale, M. Tapp \u00e9tait enti\u00e8rement responsable du projet Lakeview Terrace, de deux autres projets sur les avenues Woodroffe et Fisher \u00e0 Ottawa et d\u2019un certain nombre de fermes occup\u00e9es par des anciens combattants dans la r\u00e9gion.<br>On consid\u00e9rait M. Tapp comme celui qui avait donn\u00e9 une \u00e2me \u00e0 Lakeview Terrace. On disait de lui qu\u2019il \u00e9tait un homme \u00ab incroyable \u00bb, \u00ab un \u00eatre merveilleux qui portait un tel int\u00e9r\u00eat \u00e0 votre potager qu\u2019il venait vous donner un coup de main \u00bb. Ou bien encore : \u00ab pour nous, il aurait r\u00e9ussi n\u2019importe quelle acrobatie; un homme extraordinaire \u00bb, \u00ab il \u00e9tait tellement attachant, comme une m\u00e8re poule qui s\u2019occupe de ses poussins \u00bb, \u00ab il aimait par-dessus tout les anciens combattants et son travail \u00bb.<br>On lui connaissait une patience sans bornes et il avait appris \u00e0 baisser le niveau de son appareil auditif pendant les r\u00e9unions de contribuables les plus orageuses, puis il souriait et hochait la t\u00eate d\u2019un air entendu pendant que les anciens combattants se plaignaient tr\u00e8s fort des d\u00e9fauts de leurs maisons. Ce fut M. Tapp qui encouragea les r\u00e9sidents \u00e0 am\u00e9nager leurs terrains et \u00e0 planter des arbres le long des rues, devant les maisons.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1949, par l\u2019entremise de la Municipalit\u00e9 de Hull Sud, on put obtenir gratuitement plus de 400 \u00e9rables du minist\u00e8re des Terres et For\u00eats du Qu\u00e9bec \u00e0 Berthierville. Ray Dor\u00e9 alla chercher les arbres dans un camion de l\u2019Office et chaque r\u00e9sident en planta quelques-uns pour embellir le quartier; c\u2019est en grande partie \u00e0 eux que l\u2019on doit d\u2019avoir aujourd\u2019hui dans le quartier une v\u00e9g\u00e9tation aussi luxuriante.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019horticulture et la mise en valeur des terres faisait partie du concept m\u00eame des petites propri\u00e9t\u00e9s, \u00e0 tel point qu\u2019en 1948, l\u2019Office organisa un concours pour stimuler les anciens combattants \u00e0 am\u00e9nager leurs terrains et pour encourager les soci\u00e9t\u00e9s d\u2019horticulture et les experts gouvernementaux \u00e0 fournir des renseignements et des conseils (p. 14).<br>Les 17,761 petits propri\u00e9taires de tout le pays \u00e9tablis avant mai 1948 furent inscrits au concours dont les r\u00e9sultats allaient \u00eatre connus en mai 1949. On attribuait des points suppl\u00e9mentaires pour l\u2019aspect utilitaire et permanent des plantations et pour la planification et l\u2019entretien du jardin (p. 14). Dans un article du \u00abL\u00e9gionnaire\u00bb de 1948, on pouvait lire : \u00ab A titre d\u2019exemple, un ancien combattant qui cultive des l\u00e9gumes pour les vendre et se sp\u00e9cialise dans un ou deux produits adapt\u00e9s au sol et au march\u00e9 local recevra plus de points qu\u2019un autre concurrent dont les produits sont plus diversifi\u00e9s et qui tente de vendre un petit surplus de chacun de ceux-ci. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">50 % des points \u00e9taient accord\u00e9s pour la mise en valeur agricole, 30% pour l\u2019am\u00e9nagement et 20% pour l\u2019entretien de la maison et des b\u00e2timents. Pendant les premi\u00e8res ann\u00e9es, Arnold Gale et Elwood Edey se class\u00e8rent \u00e0 tour de r\u00f4le en t\u00eate du concours national, alors que d\u2019autres candidats tels que Ray Dor\u00e9 et Cedric Ludington se signal\u00e8rent r\u00e9guli\u00e8rement par leurs excellents r\u00e9sultats. Les prix \u00e9taient d\u00e9cern\u00e9s par Ralph Hayter, surintendant des propri\u00e9t\u00e9s de la R\u00e9sidence du Gouverneur g\u00e9n\u00e9ral, sous la forme d\u2019une somme d\u2019argent qui devait \u00eatre enti\u00e8rement consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019achat d\u2019arbustes ou de plantes pour la propri\u00e9t\u00e9. Gr\u00e2ce aux encouragements de M. Tapp, et aussi \u00e0 l\u2019esprit comp\u00e9titif des r\u00e9sidents de Lakeview Terrace, on obtint de tr\u00e8s honorables r\u00e9sultats.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une des cons\u00e9quences directes du concours national de l\u2019Office fut la mise en place de l\u2019exposition horticole de Lakeview Terrace. La premi\u00e8re \u00ab exposition horticole \u2014 journ\u00e9e sportive \u00bb eut lieu les 19 et 20 ao\u00fbt 1950. L\u2019Office qui encourageait fortement les associations d\u2019horticulteurs, fournit deux tentes-marquises, 10 tables pliantes et 20 bancs pliants. Bien entendu, ceux qui avaient eu de bons r\u00e9sultats lors du concours national firent aussi bonne figure au niveau local.<br>Les deux premi\u00e8res expositions horticoles eurent lieu sur l\u2019emplacement de la toute premi\u00e8re patinoire du quartier, un terrain situ\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 nord de Crescent, au coin de Maple. La premi\u00e8re ann\u00e9e, on exposa des fruits et des l\u00e9gumes qui furent jug\u00e9s par la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019horticulture d\u2019Ottawa et d\u00e9clar\u00e9s d\u2019excellente qualit\u00e9. De l\u2019avis g\u00e9n\u00e9ral, l\u2019exposition \u00e9tait promise \u00e0 un grand avenir, m\u00eame selon cet exposant qui \u00e9talait six \u0153ufs dans un panier portant la mention \u00ab fruits de poule \u00bb. Les gagnants furent d\u00e9clar\u00e9s \u00ab Roi des fleurs \u00bb et \u00ab Roi du potager \u00bb, et re\u00e7urent chacun des bulbes et des plants qu\u2019ils devaient placer dans leur jardin en vue du prochain concours. La seconde ann\u00e9e, on exposa des aliments cuits au four et des travaux de couture. A partir de la construction de l\u2019\u00e9cole South Hull, c\u2019est l\u00e0 qu\u2019eurent lieu les expositions horticoles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La \u00ab Journ\u00e9e sportive \u00bb venait ajouter au programme une atmosph\u00e8re de d\u00e9tente. Tout le quartier se retrouvait au pique-nique, aux courses, aux parties de base-ball et au concours de la bicyclette la mieux d\u00e9cor\u00e9e, r\u00e9serv\u00e9 aux enfants. Apr\u00e8s la formation de la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019horticulture, les deux \u00e9v\u00e9nements eurent lieu s\u00e9par\u00e9ment, \u00e0 la grande d\u00e9ception de ceux qui appr\u00e9ciaient l\u2019atmosph\u00e8re de grande f\u00eate de l\u2019ancienne formule.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un autre lien entre les gens du quartier fut le journal \u00ab Community Life \u00bb, d\u2019abord publi\u00e9 par George Heaton et Eldon Sivyer d\u2019octobre 1950 \u00e0 d\u00e9cembre 1952. On cherchait \u00e0 en faire \u00ab l\u2019instrument ind\u00e9pendant par lequel les r\u00e9sidents de Lakeview Terrace seraient inform\u00e9s tous les mois des nouvelles du quartier. En plus d\u2019offrir un service \u00e0 l\u2019Association des contribuables en faisant para\u00eetre toute information que le Comit\u00e9 souhaitait faire conna\u00eetre, les pages du journal \u00e9taient \u00e0 la disposition des r\u00e9sidents qui avaient quelque chose \u00e0 dire concernant le quartier, que ce soit une critique, une remarque s\u00e9rieuse ou humoristique.<br>Dans le num\u00e9ro de janvier 1951, on pouvait lire l\u2019ordre du jour de la r\u00e9union annuelle de l\u2019Association des contribuables, la liste des membres du comit\u00e9 organisateur de la prochaine exposition horticole et un article de Ray Dor\u00e9 encourageant les r\u00e9sidents \u00e0 se joindre \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 horticole d\u2019Ottawa. Jean Ouimet r\u00e9digeait la Page fran\u00e7aise et, \u00e0 la Page des femmes, Marie Sivyer et Dora Gale donnaient des recettes et des conseils de couture. Marion Heaton et John Gordon \u00e9crivaient des vers dans le Coin des po\u00e8tes et Tom McConnell exposait les derni\u00e8res r\u00e9alisations de la construction de l\u2019\u00e9cole protestante.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Depuis 1948, on s\u2019effor\u00e7ait d\u2019obtenir une nouvelle \u00e9cole protestante. Constern\u00e9s par le peu de possibilit\u00e9s offertes par les \u00e9coles n\u2019ayant qu\u2019une seule salle de classe et r\u00e9parties sur tout le territoire de la municipalit\u00e9, les r\u00e9sidents protestants ayant de jeunes enfants envoy\u00e8rent une p\u00e9tition au conseil scolaire de South Hull, demandant que l\u2019on construisit une nouvelle \u00e9cole pouvant desservir Lakeview Terrace et les alentours (p. 15). L\u2019\u00e9ducation \u00e9tait probablement le domaine o\u00f9 ressortaient le plus les divergences de vue entre les \u00ab Lakeviewers \u00bb et les vieilles familles de Hull Sud.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Office avait d\u00e9j\u00e0 pens\u00e9 qu\u2019il y aurait des conflits entre les lotissements d\u2019anciens combattants et les r\u00e9gions avoisinantes. Dans le cadre de son cours de formation en mise en valeur agricole, l\u2019Office formulait cet avertissement : \u00ab \u2026de nombreux lotissements d\u2019anciens combattants deviennent des communaut\u00e9s quasi-autonomes <br>au sein m\u00eame d\u2019une municipalit\u00e9, ce qui provoque des complications pour le gouvernement municipal, les anciens r\u00e9sidents et les anciens combattants <br>eux-m\u00eames\u2026 \u00bb. Les divergences ressortaient dans cet extrait d\u2019une lettre adress\u00e9e en 1949 \u00e0 l\u2019inspecteur des \u00e9coles protestantes par J.H. Gordon, pr\u00e9sident de l\u2019Association des contribuables :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Toutes nos difficult\u00e9s viennent du fait que nous sommes essentiellement un groupe de gens de ville isol\u00e9 dans un secteur rural. Nos aspirations, nos espoirs et nos projets d\u2019avenir pour nos enfants sont aux antipodes de ceux de la majorit\u00e9 des r\u00e9sidents de Hull Sud. Nous sommes convaincus qu\u2019il faut modifier et am\u00e9liorer les installations scolaires existantes alors que nos voisins consid\u00e8rent toute proposition \u00e0 cet effet comme peu r\u00e9aliste, ou farfelue, puisque leurs p\u00e8res et leurs grands-p\u00e8res ont re\u00e7u une \u00e9ducation convenable dans les m\u00eames \u00e9coles pourvues de la m\u00eame infrastructure. Toute id\u00e9e de changement inspire \u00e0 nos voisins les plus grandes appr\u00e9hensions et ils s\u2019y opposent de fa\u00e7on born\u00e9e et t\u00eatue, surtout si ce changement risque d\u2019amener la moindre augmentation du taux de taxes actuel. Contre de tels moulins \u00e0 vent, il ne nous appartient pas de jouer les Don Quichotte. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Conseil scolaire de South Hull qu\u2019on accusait ainsi regroupait les membres des anciennes familles de pionniers. Comme beaucoup de paysans dont les revenus d\u00e9pendaient des caprices du hasard et des intemp\u00e9ries, ils avaient pris au cours des g\u00e9n\u00e9rations des habitudes pratiques et d\u00e9nu\u00e9es de toute frivolit\u00e9. Il \u00e9tait donc tout naturel que les deux groupes fussent en d\u00e9saccord au sujet de l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019infrastructure scolaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une p\u00e9tition des r\u00e9sidents protestants fut donc envoy\u00e9e au Surintendant de l\u2019\u00c9ducation \u00e0 Qu\u00e9bec, demandant l\u2019autorisation de se joindre \u00e0 la municipalit\u00e9 scolaire de la ville d\u2019Aylmer. \u00ab \u2026o\u00f9 les origines urbaines permettent un climat plus compr\u00e9hensif et sympathique. \u00bb que chez les \u00ab \u00e9conomes \u00bb de Hull Sud.<br>L\u2019Office vendit les lots 47 et 48 au conseil scolaire protestant de Hull Sud pour la somme de $400 \u00e0 la condition que la commission scolaire installe un compteur d\u2019eau dans l\u2019\u00e9cole et qu\u2019elle paie son eau. L\u2019\u00e9cole \u00e9l\u00e9mentaire de South Hull fut construite avec quatre classes et son ouverture eut lieu le 13 avril 1951.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quelques ann\u00e9es plus tard dans \u00ab Community Life \u00bb, Tom McConnell, repr\u00e9sentant Lakeview Terrace au conseil scolaire protestant, f\u00e9licitait le conseil et ses membres sortants :<br>\u00ab Il me semble que les contribuables protestants de Hull Sud doivent beaucoup \u00e0 chacun des commissaires sortants. Souvenons-nous qu\u2019en plus de la gestion ordinaire de l\u2019\u00e9cole, on a construit une \u00e9cole de quatre classes, puis quatre autres classes ont \u00e9t\u00e9 rajout\u00e9es! Nous imaginons sans peine la situation d\u2019un conseil de cinq hommes inexp\u00e9riment\u00e9s ayant sur les bras un projet de construction de pr\u00e8s de 120,000.00$. Avouons que l\u2019entreprise \u00e9tait de taille et que ces hommes m\u00e9ritent des \u00e9loges. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au conseil scolaire catholique de Rapide-des-Ch\u00eanes aussi, le nombre d\u2019enfants allait croissant. En 1952, les \u00e9tables Conroy furent d\u00e9molies en vue de la construction de la nouvelle \u00e9cole Notre-Dame, \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 sud de Lakeview Terrace, sur une terre qui avait \u00e9t\u00e9 achet\u00e9e \u00e0 l\u2019Office. La nouvelle \u00e9cole ouvrit ses portes en janvier 1953. Plus tard, on construisit deux autres \u00e9coles tout pr\u00e8s de l\u00e0 : St-M\u00e9dard en 1958 et St-Georges en 1960. Jean Ouimet, un des quarante premiers, fut secr\u00e9taire-tr\u00e9sorier du conseil de 1952 \u00e0 1956.<br>Comme dans beaucoup de communaut\u00e9s d\u2019apr\u00e8s-guerre, la vie sociale de Lakeview Terrace \u00e9tait en grande partie centr\u00e9e sur le foyer familial. Pendant la journ\u00e9e, les femmes s\u2019occupaient des enfants, du jardin et du m\u00e9nage mais elles se retrouvaient pour le caf\u00e9 et pour laisser leurs enfants jouer ensemble. L\u2019essentiel de la vie sociale se passait en soir\u00e9es chez l\u2019un ou chez l\u2019autre et les enfants participaient aussi avec enthousiasme. (p. 15).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les nombreux sujets de pr\u00e9occupation concernant le quartier donnaient aux r\u00e9sidents, et particuli\u00e8rement aux hommes, l\u2019occasion de se serrer les coudes pour passer \u00e0 l\u2019action. Les liens sociaux se resserraient \u00e0 travers le travail d\u2019\u00e9quipe. La communaut\u00e9 ne pouvait \u00eatre mise sur pied par des individus isol\u00e9s, ni en quelques heures de travail par semaine :<br>\u00ab Les anciens combattants \u00e9taient surtout impatients. Ils \u00e9taient revenus de la guerre et il leur tardait de poss\u00e9der un endroit \u00e0 mettre en valeur. Nous \u00e9tions tous du m\u00eame \u00e2ge et nous accordions une grande place \u00e0 nos enfants. Nous \u00e9tions tous pr\u00eats \u00e0 nous consacrer \u00e0 eux \u00bb, \u00ab on se fiait les uns aux autres. En ce temps-l\u00e0, les gens savaient se serrer les coudes \u00bb, \u00ab pour survivre, nous avions appris \u00e0 travailler dur, ensemble. Dans nul autre quartier on n\u2019aurait pu trouver une telle solidarit\u00e9 \u00bb, \u00ab on avait des gens dou\u00e9s de talents d\u2019organisateurs, tr\u00e8s capables. Chacun apportait sa contribution \u00bb, \u00ab il y avait tellement d\u2019activit\u00e9 en ce temps-l\u00e0, tout le monde \u00e9tait formidable \u00bb, \u00ab c\u2019\u00e9tait comme une grande famille; on entrait chez son voisin sans m\u00eame penser \u00e0 sonner \u00bb, \u00ab oh, nous \u00e9tions tous solidaires, on n\u2019\u00e9tait pas tr\u00e8s riche, les femmes ne travaillaient pas et comme les gardiennes \u00e9taient rares, on laissait ses enfants chez le voisin, ou on gardait les siens. Tous les parents gardaient tous les enfants. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les r\u00e9sidents organisaient aussi des activit\u00e9s sociales. Dans son rapport annuel de 1952, Eldon Sivyer, pr\u00e9sident de l\u2019Association des contribuables, \u00e9num\u00e9rait les principales activit\u00e9s auxquelles s\u2019adonnaient les r\u00e9sidents avant l\u2019av\u00e8nement de la t\u00e9l\u00e9vision :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Le 25 mars, une soir\u00e9e a eu lieu \u00e0 l\u2019auditorium de l\u2019\u00e9cole protestante; on a pu voir les films suivants : \u2018The City\u2019, \u2018Finale de la Coupe Grey, 1951\u2019 et un film en technicolor, \u2018God in Creation\u2019. Des boissons ont \u00e9t\u00e9 servies par les dames de Lakeview Terrace et un prix a \u00e9t\u00e9 tir\u00e9 au sort.<br>Le 17 avril 1952, une soir\u00e9e a eu lieu \u00e0 l\u2019auditorium de l\u2019\u00e9cole protestante o\u00f9 M. A.C. Norcross a fait un expos\u00e9 intitul\u00e9 \u2018Votre petite propri\u00e9t\u00e9; comment en tirer le maximum\u2019. Puis on a projet\u00e9 ces films et les dames ont encore distribu\u00e9 des sandwichs, des g\u00e2teaux et du caf\u00e9; un prix a \u00e9t\u00e9 tir\u00e9 au sort.<br>Le 24 mai, des p\u00e9tards de bonne qualit\u00e9, d\u2019une valeur de 50 dollars ont \u00e9t\u00e9 allum\u00e9s pour marquer l\u2019anniversaire de la Reine.<br>Le 10 juin, environ 40 membres de l\u2019Association ont pris part \u00e0 une visite guid\u00e9e de la brasserie Bradings. On a beaucoup appr\u00e9ci\u00e9 de pouvoir voir de plus pr\u00e8s la fabrication d\u2019un produit local; la visite a \u00e9t\u00e9 suivie d\u2019un repas qui, il va sans dire, fut copieusement arros\u00e9. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le rapport r\u00e9sumait aussi les questions pratiques dont on s\u2019\u00e9tait occup\u00e9 \u00e0 l\u2019Association des contribuables :<br>\u00ab Les panneaux de noms de rues qui avalent \u00e9t\u00e9 copi\u00e9s et mis en place par Tom McConnell et Bob Percival \u00e0 leurs propres frais en 1947 devaient \u00eatre d\u00e9mont\u00e9s, r\u00e9par\u00e9s, repeints et remis en place.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M. A.C. Norcross, consultant de l\u2019Office en mati\u00e8re d\u2019am\u00e9nagement et mise en valeur des terrains, s\u2019est mis \u00e0 notre disposition pour prodiguer des conseils et fournir des plans d\u2019am\u00e9nagement paysager \u00e0 ceux qui en faisaient la demande. Il s\u2019est aussi d\u00e9clar\u00e9 pr\u00eat \u00e0 aider \u00e0 la mise sur pied d\u2019un programme de plantation d\u2019arbres. \u00bb<br>Le chemin Desch\u00eanes qui traversait le quartier \u00e9tait devenu dangereux, de m\u00eame que la rue Lakeview, un cul-de-sac que de nombreux automobilistes prenaient pour essayer de se rendre \u00e0 Desch\u00eanes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Association des contribuables demanda au Conseil de ville de Hull Sud :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">1. qu\u2019on enl\u00e8ve les mauvaises herbes et les dangereux ormes qui bordaient le chemin Desch\u00eanes,<br>2. qu\u2019on limite la vitesse permise sur ce que l\u2019on appelait \u00ab la piste de course \u00bb.<br>3. qu\u2019on place une pancarte \u00ab cul-de-sac \u00bb au coin Lakeview et du chemin d\u2019en haut,<br>4. Qu\u2019on proc\u00e8de \u00e0 un \u00e9pandage d\u2019huile sur toutes les rues de terre du quartier pour \u00e9viter la poussi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On demanda \u00e0 la Commission du District f\u00e9d\u00e9ral, puis \u00e0 l\u2019Office de proc\u00e9der \u00e0 des \u00e9pandages d\u2019insecticide pour lutter contre les moustiques. On demanda \u00e0 l\u2019Office de faire arroser les mauvaises herbes des lots vacants et au Conseil de ville de br\u00fbler le foin se trouvant sur ces lots, afin de pr\u00e9venir les incendies.<br>On fit une enqu\u00eate pour savoir si on pourrait obtenir des tarifs d\u2019assurance-incendie plus avantageux pour le quartier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans toutes les r\u00e9gions rurales, la protection contre le feu \u00e9tait une des grandes pr\u00e9occupations. En 1952, les contribuables de Lakeview Terrace s\u2019accord\u00e8rent pour payer chacun $6.00 pour l\u2019achat de mat\u00e9riel de lutte contre l\u2019incendie, qui serait remis\u00e9 \u00e0 la station-service des fr\u00e8res Labont\u00e9, sur le chemin Garden. Les fr\u00e8res Labont\u00e9 voulurent bien agir comme pompiers \u00e0 raison de $5.00 par appel. Pour trouver le reste des fonds, on vendit du foin sur les lots vacants et on organisa la \u00ab Nuit du Millionnaire \u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9cole South Hull.<br>Plus tard la m\u00eame ann\u00e9e, la brigade de pompiers volontaires de Lakeview Terrace fut form\u00e9e. Les bornes-fontaines furent inspect\u00e9es ainsi que les tuyaux et les r\u00e9sidents re\u00e7urent des directives sur la conduite \u00e0 tenir en cas d\u2019incendie. Pendant les ann\u00e9es qui suivirent, des incendies dans deux maisons et \u00e0 l\u2019\u00e9cole South Hull furent ma\u00eetris\u00e9s avec succ\u00e8s et les d\u00e9g\u00e2ts furent tr\u00e8s limit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La brigade de pompiers resta en place jusqu\u2019\u00e0 ce que Hull Sud commen\u00e7a \u00e0 fournir \u00e0 Desch\u00eanes un service de pompiers en \u00e9change de services de police. En 1956, Desch\u00eanes poss\u00e9dait une pompe et un camion, sans tuyaux. Cependant, Aylmer avait un adapteur qui permettait d\u2019utiliser ce mat\u00e9riel en cas d\u2019urgence. Avant d\u2019accepter d\u2019envoyer son mat\u00e9riel \u00e0 Lakeview Terrace, Aylmer s\u2019assura d\u2019abord que les frais seraient \u00e0 la charge de l\u2019appelant.<br>En 1956, le mat\u00e9riel fut transf\u00e9r\u00e9 de la station Shell des fr\u00e8res Labont\u00e9 \u00e0 la nouvelle cabane du terrain de jeux, qui se trouvait \u00e0 son emplacement actuel depuis 1955. Le chef des pompiers, Ossie Miles, assura aux r\u00e9sidents que m\u00eame si beaucoup d\u2019hommes se trouvaient au travail les jours de semaine, Ray et Tipp Labont\u00e9 continueraient de servir de pompiers et qu\u2019ils viendraient au pas de course en cas d\u2019alerte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1952, seulement 34 nouvelles habitations \u00e9taient venues s\u2019ajouter aux quarante premi\u00e8res; leurs propri\u00e9taires avaient entendu parler du projet par des parents ou amis qui habitaient d\u00e9j\u00e0 sur place. Le quartier se peuplait beaucoup moins vite qu\u2019on ne l\u2019avait cru au d\u00e9but et 150 lots \u00e9taient encore inoccup\u00e9s. Les r\u00e9sidents reprochaient au quartier son aspect d\u00e9sertique avec tous ses terrains vides et laiss\u00e9s \u00e0 l\u2019abandon. Il semblait \u00e0 certains que les familles d\u2019anciens combattants ne suffiraient jamais \u00e0 occuper tous les lots. Ils \u00e9taient d\u2019avis que les conditions d\u2019admission devaient \u00eatre \u00e9largies, qu\u2019on devait peut-\u00eatre accepter des civils ou des anciens combattants qui n\u2019avaient pas encore quitt\u00e9 les Forces arm\u00e9es. On s\u2019accordait pour penser que toute augmentation de taille du quartier aurait pour effet de rehausser la valeur des propri\u00e9t\u00e9s, permettre d\u2019am\u00e9liorer l\u2019infrastructure sociale et celle des loisirs, et qu\u2019on aurait de meilleurs services de la part des diff\u00e9rents corps de m\u00e9tier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1952, 72 contribuables adress\u00e8rent \u00e0 l\u2019Office une p\u00e9tition demandant que le projet soit ouvert aux civils pour en acc\u00e9l\u00e9rer la mise en valeur. Eldon Sivyer, qui connaissait un groupe de civils et d\u2019anciens combattants qui esp\u00e9rait construire des maisons en coop\u00e9rative, fit visiter Lakeview Terrace \u00e0 des repr\u00e9sentants de la coop\u00e9rative et leur exposa les avantages qu\u2019il y aurait \u00e0 construire ici.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les coop\u00e9ratives Marrocco et Marrick \u2013 1952-1956<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s la guerre, ce fut le manque de maisons de prix abordable qui donna le coup d\u2019envoi du mouvement des coop\u00e9ratives de logement. Le p\u00e8re F.A. Marrocco, devenu plus tard \u00e9v\u00eaque, avait ramen\u00e9 cette id\u00e9e de Nouvelle-\u00c9cosse en Ontario alors qu\u2019il \u00e9tait devenu directeur de l\u2019Institut d\u2019Action sociale du Coll\u00e8ge St-Patrick d\u2019Ottawa.<br>Pour former la coop\u00e9rative, les membres achet\u00e8rent des parts du groupe et durent verser 600.00$ d\u2019acompte pour couvrir l\u2019achat de leur terrain et d\u2019autres co\u00fbts initiaux. D\u00e8s le d\u00e9but des travaux, le groupe put b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une hypoth\u00e8que de la SCHL \u00e0 un taux r\u00e9duit, sur trente ans. Certains membres qui n\u2019avaient pas encore b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des autres avantages accord\u00e9s aux anciens combattants trouv\u00e8rent d\u2019autres hypoth\u00e8ques aupr\u00e8s de l\u2019Office apr\u00e8s les travaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand le Coll\u00e8ge St-Patrick annon\u00e7a son premier cours de construction en coop\u00e9rative en 1952, 100 jeunes gens et leurs familles se d\u00e9clar\u00e8rent int\u00e9ress\u00e9s. Sous la responsabilit\u00e9 du professeur Gerry Clarke, ils se retrouvaient une fois par semaine pour \u00e9tudier les principes de gestion coop\u00e9rative. Ils s\u2019initi\u00e8rent \u00e0 la comptabilit\u00e9 analytique et \u00e0 la sous-traitance, Ils apprirent \u00e0 \u00e9valuer les mat\u00e9riaux et les divers besoins relatifs aux habitations suivant leur taille et leur mod\u00e8le, et aussi \u00e0 d\u00e9cider quelle partie des travaux on pouvait ex\u00e9cuter soi-m\u00eame ou confier \u00e0 des professionnels.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au bout du compte, en 1953, il ne resta que 34 familles pour engager un contrema\u00eetre et se lancer dans la construction de maisons de cinq diff\u00e9rents mod\u00e8les, \u00e0 Lakeview Terrace. L\u2019Office, qui leur vendit les lots, exigea que les maisons soient construites sur les lots r\u00e9partis parmi ceux qui \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 occup\u00e9s, au sud de la rue Laurier; ainsi, on encourageait un certain sens de solidarit\u00e9 de quartier qui avait \u00e9t\u00e9 un des principaux objectifs de l\u2019Office dans les lotissements d\u2019anciens combattants.<br>Chaque membre de la coop\u00e9rative devait consacrer 1,250 heures de travail pendant une ann\u00e9e : tout membre qui ne pouvait pas remplir cette exigence devait payer $1.00 par heure manquante et tout membre qui d\u00e9passait ce chiffre recevait $1.00 par heure suppl\u00e9mentaire. On s\u2019assurait ainsi que l\u2019apport de chaque personne au projet soit approximativement le m\u00eame.<br>Pour beaucoup de membres, ce travail \u00e9tait dur et nouveau. Chacun assumait la responsabilit\u00e9 d\u2019une partie du travail, que ce soit la ma\u00e7onnerie, l\u2019installation \u00e9lectrique, la couverture, etc., et on travaillait en m\u00eame temps sur toutes les maisons (p. 16). Pendant les travaux, personne ne savait quelle maison allait \u00eatre la sienne. On garantissait ainsi la qualit\u00e9 de la main d\u2019\u0153uvre pour chaque habitation. Sur le terrain des Creighton, sur Vanier, se trouvait une cabane qui servait de quartier-g\u00e9n\u00e9ral et de remise pour le mat\u00e9riel. A l\u2019occasion, les hommes se retrouvaient \u00e0 l\u2019H\u00f4tel Desch\u00eanes qu\u2019on appelait affectueusement \u00ab Town and Country \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand fut venu le moment de l\u2019attribution des maisons, on \u00e9crivit le nom de chaque membre sur une balle de ping-pong et chaque couple fut invit\u00e9 \u00e0 choisir \u00e0 tour de r\u00f4le le mod\u00e8le de maison et l\u2019endroit qu\u2019il pr\u00e9f\u00e9rait.<br>L\u2019ann\u00e9e 1956 fut exceptionnelle pour le quartier. La coop\u00e9rative Marrick, dont le nom \u00e9tait la combinaison de \u00ab Marrocco \u00bb et \u00ab St-Patrick \u00bb, vint s\u2019\u00e9tablir au nord de Laurier cet \u00e9t\u00e9-l\u00e0. Pour mener \u00e0 bien les travaux, le groupe de 20 familles engagea un ma\u00eetre-charpentier et deux autres charpentiers que les hommes allaient aider \u00e0 tour de r\u00f4le pendant leurs cong\u00e9s, les soirs ou la fin de semaine. Il n\u2019y avait qu\u2019un seul mod\u00e8le, mais on pouvait choisir le rev\u00eatement ext\u00e9rieur. On construisait cinq maisons \u00e0 la fois mais, conform\u00e9ment \u00e0 un principe de construction en coop\u00e9rative. Personne ne pouvait emm\u00e9nager avant la fin des travaux. En juin 1956, les noms furent tir\u00e9s au sort et chacun \u00e0 son tour choisit son lot. Le groupe Marrick avait d\u00e9cid\u00e9 de regrouper ses maisons pour r\u00e9duire le co\u00fbt des voyages de l\u2019une \u00e0 l\u2019autre pendant les travaux et pour faciliter la coordination.<br>Alors que les hypoth\u00e8ques de la coop\u00e9rative Marrocco venaient en majorit\u00e9 de la SCHL, la coop\u00e9rative Marrick prit des hypoth\u00e8ques de 30 ans en deux parties, \u00e0 partir du premier programme de l\u2019Office qui datait des ann\u00e9es 1950.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les ann\u00e9es 1956-1975<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En septembre 1956, Eldon Sivyer reprit la publication de \u00ab Community Life \u00bb, pour le plus grand bien du quartier. Ce renouveau fut salu\u00e9 par Kirk Ludington qui \u00e9crivait dans une note \u00e0 l\u2019\u00e9diteur :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Mais oui, il est facile de perdre le contact. Merci \u00e0 vous et \u00e0 ceux qui travaillent au journal \u2014 nous voici enfin revenus \u00e0 la lumi\u00e8re.<br>\u00ab Community Life \u00bb fit beaucoup pour informer les r\u00e9sidents des activit\u00e9s et des d\u00e9cisions du conseil de l\u2019Association des contribuables, mais son principal r\u00f4le fut sans doute celui d\u2019encourager la vie communautaire. Le journal soulignait les travaux qu\u2019il fallait faire et encourageait le lecteur \u00e0 \u00ab faire sa part \u00bb, ou \u00e0 \u00ab venir donner un coup de main \u00bb, ou bien \u00e0 \u00ab \u00eatre pr\u00eat \u00e0 agir sans qu\u2019on le lui demande \u00bb. On disait aux r\u00e9sidents que les r\u00e9alisations futures ne tenaient qu\u2019\u00e0 leur imagination, leurs capacit\u00e9s et leur \u00e9nergie.<br>La campagne pour l\u2019installation d\u2019une nouvelle patinoire laissa sa marque dans l\u2019histoire de Lakeview Terrace (p. 17). En 1956, beaucoup d\u2019enfants du quartier \u00e9taient d\u2019un \u00e2ge qui leur permettait de participer \u00e0 des activit\u00e9s sportives. L\u2019ancienne patinoire du terrain de jeux, bord\u00e9e de bancs de neige, ne suffisait plus aux grands et pendant les parties de hockey la rondelle disparaissait r\u00e9guli\u00e8rement dans la neige. Une des anciennes cabanes de chantier achet\u00e9e \u00e0 l\u2019Office pour servir de vestiaire, laissait passer les courants d\u2019air et ne pouvait plus servir \u00e0 grand-chose pendant l\u2019hiver.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On commen\u00e7a par remplacer la vieille cabane par une autre qui devait aussi servir de remise pour le mat\u00e9riel des pompiers. Le b\u00e2timent, construit en parpaings, fut termine en f\u00e9vrier 1963; il y avait deux vestiaires, un pour les filles et un pour les gar\u00e7ons, et il \u00e9tait chauff\u00e9 par une fournaise au mazout (p.18). Il comportait de nombreux bancs, un bon plancher, et les murs et le plafond \u00e9taient isol\u00e9s et finis; tous s\u2019accord\u00e8rent pour trouver que c\u2019\u00e9tait une tr\u00e8s nette am\u00e9lioration. La patinoire allait \u00eatre double, ainsi on allait pouvoir pratiquer le patinage de fantaisie sur le pourtour pendant que les parties de hockey se d\u00e9rouleraient sur la partie centrale. Elle serait bord\u00e9e de planches au lieu de bancs de neige et elle serait \u00e9clair\u00e9e.<br>La construction de la patinoire fut un projet colossal. On voulait une patinoire de dimensions r\u00e9glementaires, la meilleure de la r\u00e9gion, une patinoire \u00ab comme on s\u2019attend \u00e0 en trouver dans une communaut\u00e9 d\u2019environ 200 foyers \u00bb. \u00ab Bien s\u00fbr, une bonne patinoire co\u00fbte cher \u00bb pouvait-on lire dans le num\u00e9ro de septembre de \u00ab Community Life \u00bb, qui venait de rena\u00eetre; c\u2019\u00e9tait l\u00e0 le premier d\u2019une s\u00e9rie d\u2019articles sur les derniers \u00e9v\u00e9nements touchant la patinoire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le co\u00fbt de la nouvelle patinoire fut \u00e9valu\u00e9 \u00e0 $1,200.00, et passa \u00e0 $700 quand le Conseil de ville de Hull Sud fit un don de $500.00. Le Comit\u00e9 des loisirs d\u00e9cida de ne pas faire de porte \u00e0 porte pour trouver l\u2019argent. Il pensait que les r\u00e9sidents devaient consacrer du temps et de l\u2019\u00e9nergie pour ex\u00e9cuter une grande partie des travaux et pour r\u00e9colter des fonds par d\u2019autres moyens. La devise \u00e9tait : \u00ab Ne nous arr\u00eatons pas avant d\u2019avoir touch\u00e9 au but \u00bb.<br>Dans \u00ab Community Life \u00bb, on pouvait lire les titres \u00ab on a besoin d\u2019argent \u00bb, puis plus tard dans la campagne, \u00ab les dollars affluent \u00bb. Aux \u00ab Nuit du Millionnaire \u00bb, \u00ab Nuit des Monstres \u00bb, aux ventes, au Club des pr\u00e9sidents du mois, aux ventes d\u2019articles pour enfants, aux ventes de livres s\u2019ajoutaient les recettes de la \u00ab Soir\u00e9e des amateurs \u00bb et des soir\u00e9es dansantes. On envoya des dizaines de lettres aux commer\u00e7ants d\u2019Ottawa et de la r\u00e9gion qui desservaient Lakeview Terrace pour solliciter soit des fonds pour la patinoire, soit des dons de prix pour la campagne de financement. Presque tous les r\u00e9sidents, hommes, femmes, enfants, contribu\u00e8rent \u00e0 leur fa\u00e7on. L\u2019exp\u00e9rience de la vie militaire faisait qu\u2019on savait s\u2019organiser de fa\u00e7on productive et d\u00e9l\u00e9guer de fa\u00e7on efficace.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pendant que les uns s\u2019occupaient de trouver les fonds, les autres entreprirent la construction de la nouvelle patinoire. Les noms \u00e9taient r\u00e9partis dans des \u00e9quipes command\u00e9es chacune par un chef et qui se voyait attribuer une t\u00e2che, comme le d\u00e9gagement de la conduite d\u2019eau, l\u2019installation de la plomberie, la pr\u00e9paration et la mise en place des planches ou la mise en eau de la patinoire.<br>Apr\u00e8s l\u2019ouverture de la patinoire le 23 f\u00e9vrier 1957, elle resta le centre de la vie hivernale du quartier pendant de nombreuses ann\u00e9es, et de nombreux r\u00e9sidents lui doivent leurs meilleurs souvenirs (p. 18). C\u2019\u00e9tait le lieu de rassemblement qui maintenait l\u2019esprit de solidarit\u00e9 du quartier. Les hommes se relayaient pour arroser et entretenir la glace et les femmes tenaient une cantine dans la cabane o\u00f9 l\u2019on vendait du chocolat chaud et des casse-cro\u00fbte.<br>Lors de l\u2019hiver 1959, Lakeview Terrace comptait 115 gar\u00e7ons de 6 \u00e0 18 ans dans la ligue de hockey (p. 19); 30% d\u2019entre eux venaient de secteurs tels que le chemin de la <br>\u00ab Brickyard \u00bb, le chemin de la Montagne et Baie Simard; Lakeview Terrace devenait une sorte de rendez-vous des sportifs de la r\u00e9gion ext\u00e9rieure d\u2019Aylmer. On s\u2019int\u00e9ressait beaucoup \u00e0 la soir\u00e9e du hockey et \u00e0 la remise des troph\u00e9es, qui se tenait parfois en pr\u00e9sence de vedettes telles que Maurice Richard, \u00ab Rocket \u00bb, ou Larry Regan (p. 19).<br>Du c\u00f4t\u00e9 des adultes, on cr\u00e9a une ligue de ballon-balai masculine et une autre ligue pour les femmes (les Diables rouges et les Anges blancs (p. 20). Mais l\u2019\u00e9v\u00e9nement le plus couru restait le Carnaval d\u2019hiver, qui n\u00e9cessitait beaucoup de planification et d\u2019\u00e9nergie. Sous la responsabilit\u00e9 du Comit\u00e9 des loisirs, on proc\u00e9dait \u00e0 la recherche de fonds, on sollicitait des prix chez les hommes d\u2019affaires de la r\u00e9gion et on pr\u00e9voyait diverses activit\u00e9s. Parmi les jeunes femmes du quartier, on choisissait une Reine du Carnaval qui \u00e9tait couronn\u00e9e lors d\u2019une c\u00e9r\u00e9monie (p. 21). La patinoire \u00e9tait le lieu de la plupart des activit\u00e9s sportives du Carnaval telles que les courses de patins, les parties de hockey amicales, les tournois de ballon-balai et des promenades en tra\u00eeneau pour tous.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les activit\u00e9s hivernales connaissaient un tel succ\u00e8s que quelques ann\u00e9es plus tard le Comit\u00e9 des loisirs pensa m\u00eame \u00e0 faire installer une surface de glace artificielle ainsi qu\u2019une patinoire de curling. Les fr\u00e8res Labont\u00e9, toujours pr\u00e9sents, d\u00e9gageaient la grosse neige de la patinoire et firent un don en vue de l\u2019achat de gilets de hockey.<br>Encourag\u00e9 par le succ\u00e8s de la patinoire, le comit\u00e9 des loisirs ajouta un terrain de baseball \u00e0 l\u2019\u00e9cole South Hull et un court de tennis et du mat\u00e9riel sur le terrain de jeu qui reste aujourd\u2019hui le rendez-vous des gens de tous les \u00e2ges.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019amalgamation 1975-1986<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019amalgamation d\u2019Aylmer, Hull Sud et Desch\u00eanes en 1975 eut pour r\u00e9sultat de centraliser beaucoup d\u2019activit\u00e9s qui existaient dans les quartiers. C\u2019est la ville d\u2019Aylmer qui se chargea des activit\u00e9s r\u00e9cr\u00e9atives et d\u2019organiser le hockey mineur. Pendant ce temps, beaucoup de ceux de la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 qui on avait destin\u00e9 les installations sportives avaient grandi et avaient quitt\u00e9 le quartier. Beaucoup \u00abd\u2019anciens \u00bb avaient aussi d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 et leurs maisons \u00e9taient occup\u00e9es par des gens qui n\u2019\u00e9taient m\u00eame pas n\u00e9s lors de la guerre. Les anciens qui restaient pensaient qu\u2019ils avaient fait leur part et avaient m\u00e9rit\u00e9 un peu de calme. L\u2019Association des contribuables prit du recul et le quartier devint plus tranquille avec les ann\u00e9es.<br>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 80, la ville d\u2019Aylmer d\u00e9clara que l\u2019eau de source qui alimentait Lakeview Terrace depuis si longtemps \u00e9tait contamin\u00e9e et dit aux r\u00e9sidents qu\u2019ils devraient abandonner leur vieux syst\u00e8me pour se raccorder au r\u00e9seau de la ville. A ces mots, le vieil esprit du quartier se r\u00e9veilla et l\u2019Association reprit vie pour s\u2019opposer \u00e0 ces changements. Cette fois-l\u00e0, les anciens n\u2019\u00e9taient plus seuls. A leurs c\u00f4t\u00e9s se trouvaient les enfants des premiers arrivants. Quelques-uns de ceux-l\u00e0 n\u2019avaient jamais quitt\u00e9 le quartier, mais beaucoup d\u2019entre eux \u00e9taient partis et y \u00e9taient revenus, attir\u00e9s par le souvenir des valeurs de l\u2019ancien temps, le sens de l\u2019engagement et l\u2019esprit de collaboration du temps de leur jeunesse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd\u2019hui, l\u2019Association des contribuables a une nouvelle constitution, mais comme autrefois, elle s\u2019est remise \u00e0 la t\u00e2che pour pr\u00e9server et am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de la vie du quartier. Les programmes Surveillance de quartier et Parents-secours ont pris la rel\u00e8ve de l\u2019esprit de coop\u00e9rative et tout le monde re\u00e7oit le bulletin d\u2019information. Le Comit\u00e9 de surveillance garde l\u2019\u0153il sur les changements de zonage et le Comit\u00e9 des loisirs organise des sorties, rencontres sportives et autres \u00e9v\u00e9nements. Comme il y a 40 ans, on tient compte aussi des jeunes enfants.<br>Pendant ces 40 ans, beaucoup de changements sont survenus. Les taxes sont plus \u00e9lev\u00e9es, il y a beaucoup plus d\u2019arbres et la population est plus vari\u00e9e en termes d\u2019\u00e2ge et d\u2019exp\u00e9rience. Mais les vieilles ressemblances existent encore et les nouveaux r\u00e9sidents ont \u00e9t\u00e9 attir\u00e9s par les arbres, les grands terrains am\u00e9nag\u00e9s et l\u2019ambiance tranquille d\u2019un quartier bien \u00e9tabli. L\u2019Office, qui a disparu, serait enchant\u00e9 de constater que les id\u00e9es qu\u2019il d\u00e9fendait ont \u00e9t\u00e9 si bien men\u00e9es \u00e0 terme, c\u2019est-\u00e0-dire la responsabilit\u00e9 du citoyen vis-\u00e0-vis de la communaut\u00e9 et celle de la communaut\u00e9 face au citoyen.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Personnes interrog\u00e9es :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pat Jones, Elwood et Marjorie Edey, Eldon Sivyer, Dora Gale, Jean Ouimet, Ralph Peppy, Marg et Ossie Miles, Jean McClurg, Verla et Harry Hayes, Snookie McConnell, Owen Collins<br>L\u2019ex\u00e9cutif de l\u2019Association des r\u00e9sidents de Lakeview Terrace:<br>Fran\u00e7ois Tran, Bill Dolan, Louis Huot, Bastian Kruidenier, Debbie Sladden, Keith Howard, Art Peppy, Ray Carson, Anne Artigau, Vicki Laprairie, Hank Mason,<br>souhaite remercier les personnes suivantes pour leur pr\u00e9cieuse collaboration, sans laquelle cette c\u00e9l\u00e9bration du 40e anniversaire n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 possible :<br>Basil Alexander, Margaret Alexander, Jean-Pierre Artigau, Claire Bent, Pam Carson, Maurice Constant, Pat Dolan, Fred Gilbert, Rachel Grondin, Sheila Glendon, Polly Gray, Norma Huot, H\u00e9l\u00e8ne Kruidenier, Simone Jaenicke, Edith Murray, Ernie Matthew, Ossie Miles, Tony McDonald, Jacques Mongrain, Nancy Peppy, Margaret Prat, Robert Sladden, Carole Tran, James Tomkins<br>ainsi que toutes les autres personnes qui ont contribu\u00e9 directement ou indirectement au succ\u00e8s de cet \u00e9v\u00e9nement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une mention sp\u00e9ciale va \u00e0 Charles Woollam pour avoir assur\u00e9 l\u2019impression de ce livre souvenir.<br>A Andr\u00e9 Touchet, notre \u00e9chevin, notre grande reconnaissance pour nous avoir si bien repr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 l\u2019occasion de cet anniversaire.<br>A tous, notre plus profonde reconnaissance.<br>L\u2019ex\u00e9cutif.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Histoire de Lakeview Terrace En janvier 1945, quatre mois avant le jour de la Victoire, l\u2019Office de l\u2019\u00e9tablissement agricole des anciens combattants soumettait au Conseil de ville&hellip; <span class=\"read-more\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/association-lakeview.ca\/?page_id=9\" rel=\"bookmark\">Lire la suite <span class=\"screen-reader-text\">\u00ab\u00a0Historique &#8211; FR\u00a0\u00bb<\/span><\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":207316967,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_coblocks_attr":"","_coblocks_dimensions":"","_coblocks_responsive_height":"","_coblocks_accordion_ie_support":"","advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"jetpack_seo_schema_type":"","_wpcom_ai_launchpad_about_page":false,"_wpcom_ai_launchpad_gallery_page":false,"_wpcom_ai_launchpad_contact_page":false,"_wpcom_ai_launchpad_events_page":false,"_wpcom_ai_launchpad_video_page":false,"_wpcom_ai_launchpad_portfolio_piece":false,"_jetpack_hide_featured_image":false,"_jetpack_featured_image_duplicate_dismissed":0,"footnotes":""},"class_list":["post-9","page","type-page","status-publish","hentry"],"jetpack_likes_enabled":null,"jetpack_sharing_enabled":false,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/PdfV2i-9","jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/association-lakeview.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/9","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/association-lakeview.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/association-lakeview.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/association-lakeview.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/207316967"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/association-lakeview.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/association-lakeview.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/9\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2098,"href":"https:\/\/association-lakeview.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/9\/revisions\/2098"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/association-lakeview.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}